Avec Hope, Angélique Kidjo signe un album profondément personnel et universel, porté par une philosophie de vie aussi simple qu’essentielle : l’espoir. Hommage vibrant à sa mère, dont elle a hérité cette conviction inébranlable que sans espoir, il n’y a ni projet, ni amour, ni société possible, ce disque résonne comme un manifeste contre les divisions et les angoisses de notre époque. Entretien.

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Par :Carmen Lunsmann

RFI Musique : Quel est le concept, la philosophie derrière ce nouvel album Hope ?

Angélique Kidjo : Mon album Hope est dédié à ma mère. En même temps, ma philosophie de vie vient de ma maman. Son mot magique, c’était : l’espoir. Parce que sans espoir, on ne peut pas faire de plan de vie, on ne peut rien faire. Il n’y a pas d’amour, il n’y a pas de société. Et par les temps qui courent et qu’il y a tant d’angoisse et tant de divisions, concentrons-nous sur l’espoir. Pouvoir construire le monde de demain. Il se construit maintenant. Pas dans la négativité, mais plutôt avec l’espoir. Et moi, je pense que les chansons comme « You Can » ou « Bando » sont des chansons d’espoir.

Quels sont les autres thèmes explorés à travers le fil conducteur de l’espoir ?

Les autres thèmes de cet album sont la détermination, la résilience et aussi le fait qu’on peut toujours se sortir de toutes les situations. Mais le thème emblématique, c’est : comment on arrive tous ensemble à se fédérer positivement dans l’espoir, pour avancer. Les problèmes, quand on les a, il faut avoir l’esprit ouvert et travailler les uns avec les autres. Les collaborations [avec d’autres artistes, NDLR], pour moi, c’est une façon de faire comprendre que, ensemble, on est plus fort et beaucoup plus intéressant.  

Comment avez-vous choisi ces collaborations ?

Quand je faisais cet album, j’ai fait un rêve bizarre (rires) : une nuit, je me suis réveillée en catastrophe. J’ai rêvé que j’étais sur scène avec Eminem qui chantait sa chanson « My Name is » et il me passait le micro pour que je rappe. Je le regardais et disais : « mais ! tu veux que je me viande par terre, ce n’est pas possible, je ne sais pas rapper ». Je me suis réveillée et c’est là où j’ai eu l’idée de demander à Pharrell [Williams, NDLR] si on pouvait avoir un rappeur sur la chanson « Bando » et il a invité Quavo [un rappeur et chanteur américain, NDLR] pour nous rejoindre sur cet album. Voilà, il y a eu des coïncidences comme çà. Je ne sais pas si ce sont des coïncidences… Ce sont des rendez-vous qui ont eu lieu, comme travailler avec Dadju. Cette chanson de Dadju, on a commencé à travailler dessus il y a plus de cinq ans et c’est revenu. On s’est contacté, et ça s’est fait. La chanson avec Diamond Platnumz, c’est pareil, c’était une chanson qui était dans le pipeline depuis longtemps et tout d’un coup, on se parle et ça se fait. La chanson avec Ayra Starr, c’est venu comme ça. Elle m’a envoyé le projet et je me suis dit : « Waouh, on y va ! » Plein de choses intéressantes se sont passées. 

Pourquoi des titres en anglais ?

Les titres en anglais sont tous des titres qui parlent de la possibilité de faire les choses. Ne perdons pas de vue que nous, les êtres humains, nous avons le pouvoir de bouger les montagnes. Et quand on travaille ensemble, rien ne peut nous arrêter. Les collaborations, c’est dans ce sens-là. Laisser la porte ouverte aux gens et leur parler dans toutes les langues.

https://youtube.com/watch?v=RmwQ7ruwjcM%3Fsi%3D8WesBGDPrWd4L5E7

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Et quelle est l’histoire derrière la reprise de « Jerusalema » ?  

L’histoire derrière « Jerusalema », c’est la pandémie. Cette chanson a fédéré tellement de gens dans le monde entier. Ils dansaient partout, chacun faisait sa danse. On voyait derrière cette danse que pour un moment, on s’est retrouvé pour danser malgré la pandémie et exprimer la joie et l’espoir. Et c’est pour ça que « Jérusalema » est sur cet album. Parce que l’espoir que ce titre a donné pendant la pandémie, pendant que les gens étaient confinés, c’est ce que je veux qu’on retrouve, cette joie que cette vidéo a permis de partager avec tout le monde. « Jérusalema » est dans le cœur de tous. C’est une prière pour se retrouver. C’est une prière pour célébrer nos différences et avancer.  

Angélique Kidjo Hope (Parlophone) 2026

En concert à Paris à l’Olympia le 12 mai 2026

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