Le ministère de l’environnement et des ressources forestières a organisé le 27 juin dernier une rencontre d’information et d’échanges à l’intention des investisseurs et promoteurs installés au Togo. Cette rencontre a porté sur les opportunités d’affaires liées aux mécanismes de carbone et les nouvelles dispositions réglementaires prises par décret en conseil des ministres le 15 mars.
Les ministres Foli Bazi Katari de l’environnement et des ressources forestières, Adedze Kodjo en charge de l’industrie et Mme Kayi Rose Mivedor de la promotion des investissements ont animé cette rencontre et ont édifié les participants sur les crédits carbone.
Aucun secteur d’activité n’est, aujourd’hui, à l’abri des effets du changement climatique. Et ces effets vont en s’accentuant. Une situation qui, selon le rapport du groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), devient inquiétante. Ce qui, conformément à l’article 6 de l’Accord de Paris, contraint tous les pays à prendre des engagements pour réduire les émissions des gaz à effet de serre, en vue de maintenir la température mondiale en dessous de 2° voire 1,5°C.
Ayant pris une part active à la COP 21 et signé cet Accord, le Togo s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de façon inconditionnelle de 20, 6% et de façon conditionnelle de 30, 51% soit 50, 57% d’ici 2030. Plusieurs actions contenues dans les contributions déterminées au niveau national (CDN) doivent être alors mise en œuvre pour atteindre ce taux.
Selon le ministre Foli Bazi, ces actions sont traduites dans la feuille de route gouvernementale à travers les projets 35, 36 et la reforme 6, permettant de renforcer la mise en œuvre des activités à fort potentiel de réduction des gaz à effet de serre (GES). Cela non seulement pour répondre aux engagements pris devant la communauté internationale, mais aussi et surtout pour bénéficier des avantages des mécanismes de carbone. Mécanismes qui constituent un cadre de recherche de solutions innovantes dans la lutte contre les changements climatiques.
Au rang des préalables dans cette recherche de solutions, le ministre a noté le décret N°034 /PR du 15 mars 2023 pris en conseil des ministres et qui vise à règlementer la réalisation des initiatives d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, d’encadrer la mise en œuvre des CDN, et aussi d’inciter les entreprises à investir dans les activités d’atténuation des GES.
Pour mieux édifier les participants, le secrétaire général du ministère de l’environnement et des ressources forestières, Col. Dimizou Koffi, a, lors de sa présentation, partagé avec eux les grandes lignes de ce décret. Ce dernier, qui sera soutenu par huit arrêtés, fixe les règles des mécanismes de carbone dans le cadre de la mise en œuvre des activités d’atténuation des émissions de gaz à effets de serre.
Les opérateurs économiques ont également eu droit à des explications sur d’autres chapitres sur la gouvernance des mécanismes, les droits sur les résultats d’atténuation, l’homologation des projets et programmes et les mécanismes de partage des bénéfices et de gestion des plaintes dans le cadre de la REDD+.
Matthieu Wemaere, expert de la Banque Mondiale en mécanismes de carbone a salué le décret du gouvernement. Il a estimé qu’il allait permettre au gouvernement d’identifier les activités éligibles, d’attirer les investisseurs étrangers mais aussi d’engager le secteur privé togolais à s’intéresser aux nouvelles technologies, de faire le reboisement avec un retour sur investissement en vendant le « produit carbone » obtenu à un pays acheteur, à une entreprise privée ou encore à une compagnie aérienne.
Au cours des échanges plusieurs entreprises ont témoigné de leurs responsabilités sociétales (RSE), notamment Total Energie dont le projet de reforestation sur 22 000 hectares, dans Plateaux Ouest, a permis de planter des agroforestiers avec un potentiel d’impact sur 60 villages, soit 10 000 familles.
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