Présidant une messe au sanctuaire Notre-Dame de la Paix de Chiclayo, le préfet du dicastère pour le Service du développement humain Intégral a mis l’accent dans son homélie sur l’amour qui porte la douleur de l’autre. Il a prié pour l’obtention d’un don, celui de «rendre chacun capable de collaborer avec les autres pour le bien de tous et –surtout– des plus fragiles»
À Chiclayo, quatrième plus grande ville péruvienne fondée en 1720 par des explorateurs espagnols et qui garde toujours l’héritage autochtone, l’envoyé du Pape, le cardinal Michael Czerny SJ, a transmis les salutations de Léon XIV, à l’occasion de la célébration de la 34e Journée mondiale du malade. Le Pape américano-péruvien reste particulièrement attaché à cette terre, pour avoir exercé son ministère de missionnaire et d’évêque pendant plusieurs années. Dans son message délivré pour cette journée, Léon XIV fait référence à «cette expérience personnelle de vie» qui lui a permis de constater «combien de personnes partagent la miséricorde et la compassion, selon le style suggéré par la parabole du Bon Samaritain –icône biblique de cette journée».
Expérience et foi personelle
«L’amour qui porte la douleur de l’autre», au cœur du message du Pape, «ne peut jamais être seulement une idée, le fruit de réflexions théologiques ou sociologiques abstraites. On ne peut parler de cet amour, qu’à partir de sa propre expérience et de sa foi personnelle, du souvenir vivant des moments où nous avons constaté cet amour en action», a rappelé le cardinal Czerny dans son homélie.
Au sanctuaire Notre-Dame de la Paix de Chiclayo, le préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral a présidé une messe dans le cadre de la journée dédiée aux malades, concélébrée par le nonce apostolique au Pérou, Mgr Paolo Rocco Gualtieri, l’évêque de Chiclayo, Mgr Edinson Farfán, le secrétaire général du CELAM, Mgr Lizardo Estrada, et par les évêques et délégués de la Conférence épiscopale du Pérou et des pays invités.
Isaïe, le psalmiste et le centurion
Des représentants d’institutions sanitaires et de congrégations religieuses y étaient présents, ainsi que des personnes malades et leurs familles qui ont pu recevoir le sacrement de l’onction des malades. Se focalisant sur les Saintes écritures, l’envoyé du Pape a rappelé ces nombreux visages et noms qui ont personnellement vécu l’expérience de la guérison, comme Isaïe, le psalmiste, le centurion et tant d’autres.
«S’il existe un fil rouge qui relie tous ces personnages bibliques –et chacun de nous à eux, c’est bien l’expérience de cet amour divin qui, en portant la douleur de l’autre, peut donner la vie, la santé, le salut», a-t-il lancé. «Dans cette Eucharistie, a dit le cardinal, nous voulons présenter nous aussi au Dieu de la vie notre profonde gratitude pour toutes les fois où nous avons, d’une manière ou d’une autre, participé à cet amour qui guérit et qui sauve».
L’amour qui porte la douleur de l’autre
Unis par l’expérience de la douleur et de l’amour qui guérit, a-t-il poursuivi, «nous pouvons donc nous reconnaître dans les paroles que Léon XIV nous a transmises dans son message»: «Être un dans l’Un signifie nous sentir véritablement membres d’un corps dans lequel nous portons, selon notre propre vocation, la compassion du Seigneur pour la souffrance de tous les hommes. De plus, la douleur qui nous touche n’est pas une douleur étrangère; c’est la douleur d’un membre de notre propre corps auquel notre Tête nous demande de venir en aide pour le bien de tous». Le message du Souverain pontife fait comprendre que «si l’amour qui guérit est, et doit être, une expérience personnelle, il se profile toujours – à partir de celui qui choisit de prendre en charge la douleur de l’autre – comme un véritable chemin de conversion».
Regarder avec les yeux de Dieu
Le cardinal Czerny a ainsi cité le prophète Isaïe qui, s’adaptant presque au «changement» que Dieu opère envers Ézéchias, annonce d’abord à ce dernier sa mort imminente; puis, alors qu’il s’apprêta à partir, il est appelé à revenir pour apporter au roi, de la part de Dieu, une nouvelle tout à fait différente, qui lui redonne l’espoir de la guérison et de la vie. «L’amour est un processus de conversion, dans le sens le plus authentique du terme» a précisé le préfet dicastère pour le Service du développement humain intégral.
Il s’agit de «regarder avec les yeux de Dieu, de ne pas se contenter de proclamer froidement des prophéties néfastes ou d’annoncer des diagnostics tragiques», mais «plutôt d’être toujours prêt à changer de cap, pour se pencher avec espérance encore et toujours, sur l’autre». Comme l’a écrit le Pape, en citant saint Augustin, «personne n’est proche d’un autre tant qu’il ne s’approche pas volontairement de lui. […] L’amour n’est pas passif, il va à la rencontre de l’autre; être proche ne dépend pas de la proximité physique ou sociale, mais de la décision d’aimer».
«Servir son prochain, c’est aimer Dieu dans les faits»
Dans le sanctuaire dédié à Marie, le cardinal a prié pour l’obtention d’un don, celui de «rendre chacun capable de collaborer avec les autres pour le bien de tous et –surtout– des plus fragiles», en surmontant «la tentation de l’individualisme méfiant ou, parfois, présomptueux qui nous éloigne de nos frères dans la mission de prendre soin de ceux qui en ont le plus besoin». Et comme le mentionne le Pape dans son message, «servir son prochain, c’est aimer Dieu dans les faits»: en d’autres termes, «en tant que chrétiens, nous ne pouvons jamais oublier que notre amour pour les autres est toujours l’expression concrète de notre amour pour Dieu et que, inversement, nous ne pouvons pas dire ou penser que nous aimons Dieu sans passer par la voie de l’amour», c’est-à-dire «l’amour donné à l’autre qui a besoin de moi» a déclaré le cardinal Czerny.
Myriam Sandouno -Cité du Vatican







