Lâchées par Washington, les Forces démocratiques syriennes ont annoncé dimanche soir avoir conclu un accord avec le régime de Damas pour déployer l’armée syrienne dans le nord du pays.
Les forces du régime syrien se sont rapprochées lundi de la frontière avec la Turquie après l’annonce de Bachar al-Assad d’envoyer des troupes dans le nord pour affronter l' »agression » turque. Le président syrien entretient des rapports tendus avec la minorité kurde mais a dénoncé l’opération d’Ankara.
Les Kurdes, qui ont instauré ces dernières années une autonomie de facto sur de vastes régions du nord et du nord-est syrien, ont confirmé avoir conclu un accord avec Damas pour un déploiement de l’armée nationale près de la frontière « en soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS) », dominées par les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qualifiée de « terroriste » par le régime turc.
>> Lire aussi: Kurdes de Syrie, pourquoi ils dérangent la Turquie
Des élus américains dénoncent un « abandon » des Kurdes
Les Etats-Unis ont de leur côté annoncé qu’ils allaient procéder au retrait du millier de soldats encore stationnés dans le nord de la Syrie. Ce retrait pourrait être effectif en quelques jours, ont dit à Reuters deux représentants américains.
A Washington, le retrait américain indigne jusque dans les rangs républicains, où des élus dénoncent un « abandon » des Kurdes. Accusé d’être trop conciliant avec la Turquie, Donald Trump tente de hausser le ton: son gouvernement pourrait imposer des sanctions contre Ankara dans les prochains jours.
Crainte d’une résurgence de l’Etat islamique
L’opération turque lancée il y a cinq jours à la faveur d’un retrait des troupes américaines en Syrie vise à instaurer une zone tampon de 32 km entre les deux territoires orientaux. Cette zone serait susceptible d’accueillir une partie des plus de 3 millions de Syriens actuellement réfugiés en Turquie, une des nombreuses conséquences du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.
Les combats et les bombardements turcs ou de leurs supplétifs ont été violents dimanche, tuant au moins 26 civils selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme. Depuis le début de l’offensive, le 9 octobre, 60 civils et plus d’une centaine de combattants kurdes ont péri. Plus de 130’000 personnes ont été déplacées, d’après la même source.
Quelque 12’000 combattants de l’Etat islamique, des Syriens, des Irakiens mais aussi 2500 à 3000 étrangers originaires de 54 pays, sont détenus dans les prisons sous contrôle des Kurdes, selon des chiffres de sources kurdes.






