Confrontés à des inquiétudes croissantes sur les dangers de l’intelligence artificielle, les grands patrons du secteur ont adopté lundi un code de bonne conduite sur la base du volontariat. Une déclaration à la Maison Blanche, sous l’œil satisfait de Donald Trump, hostile à toute régulation contraignante.
Le président américain a publié sur son réseau Truth Social les termes de cette charte, qui tient en une page et qui comporte cette précision: « Avec le temps, il peut être pertinent de codifier ces étapes sous forme de lois ou de régulations ».
Après une réunion à la Maison Blanche, le milliardaire de 80 ans a annoncé devant la presse l’adoption de principes « contraignants sur le plan moral », avec autour de lui une concentration inouïe de pouvoir technologique et économique.
« C’est presque comme une Constitution », a-t-il déclaré, ajoutant avoir lui aussi signé le texte.
Donald Trump, qui ne veut pas entraver le développement de cette technologie face à la concurrence de la Chine, a publié mardi dans la soirée sur son réseau Truth Social un décret officialisant la nouvelle appellation de « super intelligence » dans ses futures utilisations par l’administration américaine, au lieu d' »intelligence artificielle », un terme selon lui trop négatif.
Elon Musk (Tesla, X, Grok, SpaceX) mais aussi Dario Amodei (Anthropic), Sundar Pichai (Google), Mark Zuckerberg (Meta) ou Jensen Huang (Nvidia) se sont succédé devant les caméras.
Plus tard, lors d’un événement distinct, Mark Zuckerberg a expliqué que les grandes entreprises du secteur allaient « se donner des notes les unes aux autres, ce qui est bien mieux que de se noter soi-même ».
Selon le texte publié par Donald Trump, les entreprises s’engagent à mettre en place « quatre niveaux » de contrôle.
Les entreprises s’engagent aussi à se réunir « régulièrement pour établir des normes et de bonnes pratiques ».
« Je pense que cette technologie a de vrais risques », a dit à la Maison Blanche le patron d’Anthropic, qui a contribué à lancer le débat sur la régulation de l’IA en appelant récemment à ralentir son développement.
Des incidents à l’approche des élections
Plusieurs incidents de sécurité ces derniers mois et des mises en garde très sombres sur les dangers encourus par l’humanité tout entière ont fait de l’IA un sujet de campagne à l’approche des législatives du 3 novembre.
Selon un sondage publié par CNN, 82% des Américains se disent « inquiets » de son rythme de développement, contrastant avec l’optimisme affiché par le président américain.
Pour les républicains, ce décalage se révèle inconfortable avant ces élections de mi-mandat.
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