Au terme de l’intense visite apostolique de Léon XIV en Espagne, le président de la Conférence épiscopale espagnole revient sur l’impact de cette rencontre. Mgr Luis Argüello souligne le puissant appel du Souverain pontife à la spiritualité eucharistique et à la communion, et exhorte l’Église locale à canaliser la joie vécue dans les rues vers des propositions concrètes de croissance, d’ardeur missionnaire et de charité, sans que les limites humaines ne servent d’excuse.
Le voyage apostolique du Pape en Espagne a pris fin vendredi 12 juin. Léon XIV a participé à 26 événements institutionnels, pastoraux et sociaux, et a tenu une conférence de presse lors de son voyage Rome-Madrid. Le Successeur de Pierre a prononcé 22 allocutions: douze discours, cinq homélies et cinq salutations. Dans un entretien accordé aux médias du Vatican, le président de la Conférence épiscopale espagnole, Mgr Luis Argüello García, dresse le bilan de cette visite du Pape en Espagne.
Mgr Argüello, tout d’abord, tous les évêques des Canaries ont récemment rencontré le Pape à la cathédrale. Dans son discours, il a invité à mettre l’accent sur la spiritualité eucharistique. Comment cela est-il interprété par les évêques des Canaries?
Je crois que tout au long de cette visite apostolique, dans les différents diocèses d’Espagne, il y a eu une grande insistance sur l’Évangile comme source de lumière, sur le regard tourné vers la croix, et tout cela se résume dans l’Eucharistie. L’Eucharistie est le mystère pascal de Jésus-Christ, c’est la croix éclairée de lumière. D’autre part, c’est une source de communion.
Le Pape nous a lancé un appel très fort à la communion, notamment à la communion des évêques, à la communion avec tout le ministère ordonné et à la communion au sein de l’Église, ainsi qu’au don de soi, car l’Eucharistie est le sacrement du corps donné. En d’autres termes, une lumière qui jaillit de la Parole, une croix qui nous rapproche de la douleur et des souffrances des hommes de notre temps, et une communion pour être un corps livré qui annonce la lumière de la croix glorieuse.
Lors de sa visite à Madrid, le Pape a abordé des thèmes tels que l’unité, a dressé un état des lieux de la situation au Parlement, a rencontré les jeunes, afin qu’ils soient le sel de la terre et la lumière du monde, puis la communauté diocésaine, et ensuite, à Barcelone, il y a eu cette magnifique cérémonie d’inauguration de la Sagrada Familia…. On se souvient également de ce moment de charité où nous avons pu entendre des témoignages qui nous ont tous profondément touchés. Comment sera, selon vous, l’Espagne après cette visite?
Ces dernières heures, je pensais que tout le travail de préparation avait été intense, car nous n’avons pas eu beaucoup de temps, mais maintenant je pense déjà au travail qu’il faudra accomplir pour accueillir cet élan, cet appel si fort que le Pape a lancé, et qui, grâce à Dieu, est entré par la porte de la joie. Je crois que la joie suscitée par la présence du Pape, la réponse de tant de gens dans la rue, les acclamations au Pape, c’est une joie qui ne jaillit d’autre chose que de la rencontre avec le Seigneur dans l’Église.
Il nous appartient désormais de saisir cet élan et de lui donner vie, à travers des annonces, des propositions concrètes et des avancées. Il est vrai aussi que le Pape a beaucoup parlé de la fragilité, des limites, pour que nous ne transformions pas notre fragilité ou nos limites en une sorte d’excuse, mais au contraire, pour que nous voyions les possibilités que peuvent offrir ces limites afin de les surmonter et d’en faire une occasion de croissance pour l’Église, de communion, d’ardeur missionnaire et de témoignage de charité.
Patricia Ynestroza – envoyée spéciale à Grande Canarie






