La course à la succession d’Antonio Guterres à la tête des Nations unies compte désormais sept candidats, dont deux Africains et cinq personnalités originaires d’Amérique latine. Avec l’entrée en lice de l’Ougandais Olara Otunnu, annoncée samedi, les prétendants au poste de Secrétaire général des Nations unies se répartissent également entre quatre femmes et trois hommes.
Olara Otunnu, 75 ans, a été officiellement présenté par l’Ouganda. Il rejoint l’ancien président sénégalais Macky Sall parmi les candidats africains alors que l’Amérique latine revendique traditionnellement ce poste au nom du principe de rotation géographique. Les cinq autres prétendants sont Michelle Bachelet (Chili), María Fernanda Espinosa (Équateur), Rafael Grossi (Argentine), Rebeca Grynspan (Costa Rica) et Carolyn Rodrigues-Birkett (Guyana), tous issus d’Amérique latine.
Macky Sall, 64 ans, est entré dans la course après le dépôt de sa candidature par le Burundi, avant d’obtenir la semaine dernière le soutien officiel du Sénégal. Durant sa campagne, l’ancien chef de l’État sénégalais met en avant le lien entre paix, sécurité et développement. Sa candidature intervient toutefois dans un contexte où son bilan à la tête du Sénégal reste contesté par ses opposants, qui l’accusent d’avoir réprimé les manifestations politiques ayant fait plusieurs dizaines de morts entre 2021 et 2024.
Ancien secrétaire général adjoint des Nations unies et représentant spécial pour les enfants et les conflits armés entre 1997 et 2005 sous le mandat de Kofi Annan, Olara Otunnu a également été ambassadeur de l’Ouganda auprès de l’ONU et ministre des Affaires étrangères de son pays. En 2011, il s’était présenté à l’élection présidentielle ougandaise sous les couleurs du parti d’opposition Uganda People’s Congress, sans parvenir à battre le président Yoweri Museveni.
Si l’un des deux candidats africains était retenu, le continent retrouverait le poste de secrétaire général des Nations unies pour la première fois depuis le départ du Ghanéen Kofi Annan en 2006. Depuis la création de l’organisation, deux Africains ont occupé cette fonction : l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali, de 1992 à 1996, puis Kofi Annan, de 1997 à 2006. Ils ont été suivis par le Sud-Coréen Ban Ki-moon (2007-2016), avant l’entrée en fonction de l’actuel secrétaire général, le Portugais António Guterres, en janvier 2017.
Les 15 membres du Conseil de sécurité doivent tenir, le 30 juillet, un premier vote à bulletin secret afin d’exprimer leurs préférences entre les différents candidats. Ce premier scrutin indicatif sera suivi d’autant de tours de vote que nécessaire jusqu’à ce qu’un candidat obtienne au moins neuf voix et qu’aucun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité – la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie – n’exerce son droit de veto.
Le nom retenu sera ensuite transmis à l’Assemblée générale des Nations unies, chargée de procéder à la nomination formelle du prochain secrétaire général. Selon plusieurs observateurs, il est encore prématuré de désigner un favori, même si le nom du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Argentin Rafael Grossi, est régulièrement cité parmi les candidats les plus en vue.
Textes et photo : AFP/ par2424.mg






