Diffusé sur Disney+ depuis le 28 janvier, « Paradise » plonge l’acteur Sterling K. Brown (« This is Us ») dans une enquête autour du meurtre d’un ancien président américain. Hautement addictive, la série est difficile à décrire sans divulgâcher, les surprises étant de taille.

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Un matin comme les autres dans une belle baraque américaine, papa, la tête encore enfarinée du type qui a mal dormi, costume vissé sur un corps d’athlète, rejoint au rez-de-chaussée ces deux rejetons pour un petit déjeuner vite expédié. Le soleil brille. La vie est belle et douce. Ça ne va pas durer.

L’agent Collins, tel est son nom, travaille à la sécurité d’un ancien locataire du bureau ovale. Arrivé dans les appartements privés du président Bradford, il réalise que quelque chose ne tourne pas rond, puis découvre le corps de Bradford, allongé sur le tapis de sa chambre, inerte, une balle tirée en pleine tête. Il ne s’est pas suicidé, mais a été assassiné.

Au lieu de donner l’alerte immédiatement, Collins gagne du temps, y va de quelques relevés d’usage et remarque l’impensable, le coffre-fort a été ouvert a priori sans effraction et une tablette de la plus haute importance a été dérobée. Il passe au crible l’appartement, photographie tout mentalement, fini par prévenir deux autres agents avant de déclencher le code rouge qui signifie que ce quartier résidentiel ultra-sécurisé doit être bouclé. Puis, il visionne les images de vidéo surveillance.

Un monde où il ne faut pas se fier aux apparences

L’intrigue ainsi posée, une femme d’affaires très influente, Sinatra, ordonne le maquillage de ce crime en mort naturelle pour éviter de paniquer le public. Etrange personnage que cette femme. L’enquête démarre, mais forcément Collins fait figure de suspect, vu le temps qu’il a mis avant de donner l’alerte. Il doit s’expliquer et prouver son innocence. Délicat dans un monde où il ne faut se fier à personne et encore moins aux apparences.

Avec l’insertion de flashbacks très bien amenés, quelques zones d’ombres s’éclaircissent, notamment sur les relations de Collins avec Bradford: comment il a été recruté, les liens de confiance qui se sont noués avec le temps. Le président, sans cesse un whisky à la main ou une clope au bec, tour à tour cynique ou cassant, a déjà échappé à un attentat grâce à la vigilance et l’efficacité de l’agent des services secrets. Ce dernier est donc devenu un peu plus qu’un collaborateur de sa garde rapprochée, mais cela ne suffit pas à apaiser les soupçons.

>> A voir, la bande-annonce de la série « Paradise »:

https://youtube.com/watch?v=EUl9QEKcGIk%3Ffeature%3Doembed

Une série qui met les nerfs à rude épreuve

Rarement un thriller paranoïaque au rythme si lent et qui refuse catégoriquement de céder aux sirènes faciles de l’action à tout prix n’aura été si palpitant. Dan Fogelman, le créateur de l’excellente série « This is Us », a trouvé là matière à se renouveler totalement tout en s’adjugeant à nouveau les services de Sterling K. Brown pour incarner son agent Collins, lui qui était l’inoubliable Randall Pearson dans « This is Us ».

A ses côtés, les remarquables James Marsden (le président Bradford) et Sinatra, la reine de la tech jouée par Julianne Nicholson, consolident un casting de haut vol pour une série qui met les nerfs à rude épreuve jusqu’au huitième et dernier épisode de la saison.

Philippe Congiusti/aq

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