Les cas de contaminations au coronavirus de Wuhan pourraient être bien supérieurs aux estimations, estiment des chercheurs hongkongais sur la base de modèles mathématiques. L’épidémie met à mal les bourses mondiales et pousse la France à proposer un rapatriement à ses ressortissants.
Les gouvernements doivent prendre des mesures « draconniennes » pour restreindre les déplacements de population s’ils veulent endiguer la propagation du coronavirus de Wuhan, ont déclaré lundi des chercheurs de l’Université de Hong Kong. Sur la base de modèles mathématiques, ils estiment que le nombre de cas pourrait être supérieur à 40’000 et mettent en garde quant à une accélération de la propagation de l’épidémie.
Le chef de cette équipe de chercheurs estime que le nombre d’infections pourrait doubler tous les six jours et atteindre un pic en avril et mai dans les zones déjà confrontées à une épidémie, tout en reconnaissant que des mesures efficaces de santé publique pourraient diminuer le rythme de contagion. Dimanche, le patron de la Commission nationale de la Santé chinoise avait indiqué que le nouveau virus avait une période d’incubation pouvant aller jusqu’à deux semaines, et que la contagion était possible durant la période d’incubation, c’est-à-dire avant même l’apparition des symptômes.
Cordon sanitaire élargi
Le dernier bilan de l’épidémie, communiqué lundi, se monte à 2744 cas et 80 décès, tandis que le nombre de cas suspects approche des 6000. L’épicentre de la maladie demeure Wuhan et la province du Hubei, mais des cas ont aussi été trouvés dans les autres grandes villes du pays, comme Pékin, Shanghai, Shenzhen ou Canton (Guangzhou).
Dans le but de contenir le virus, le gouvernement chinois a élargi samedi le cordon sanitaire autour de Wuhan, qui englobe désormais près de 20 villes, avec pour conséquence d’isoler une population de 56 millions de personnes. La construction de deux hôpitaux en préfabriqué, qui accueilleront exclusivement des victimes du coronavirus, se poursuit et pourrait, pour le premier d’entre eux, s’achever le 3 février déjà.
Frontières fermées
Le gouvernement chinois a allongé de trois jours – soit jusqu’au 2 février – les vacances du Nouvel An, qui durent en temps normal une semaine. Des millions de personnes profitent généralement de cette occasion pour voyager mais, cette année, beaucoup de déplacements ont été annulés.
Dans les autres pays, les mesures de précaution se sont durcies au cours du week-end. Hong Kong et Macao ont fermé leur frontière aux voyageurs qui ont séjourné à Wuhan au cours des 14 derniers jours, sauf pour leurs ressortissants. Lundi, la Mongolie, qui partage une longue frontière avec la Chine, a décidé de fermer les points de passages routiers entre les deux pays. Les liaisons ferroviaires et aériennes restent cependant ouvertes.
La France prépare un rapatriement
La France, de son côté, prépare une évacuation aérienne de ses ressortissants de Wuhan, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. « En lien avec les ministères de l’Intérieur, de la Santé et des Armées, nous sommes en train de mettre en oeuvre une opération de retour par voie aérienne au profit de nos ressortissants », a assuré le ministre, précisant que cette évacuation aurait lieu « a priori au milieu de la semaine ».
Paris a jusqu’à présent répertorié trois patients contaminés sur son sol, tous originaires de Chine. Leur état de santé ne suscite plus d’inquiétudes.
Des mesures visant à limiter les voyages sont également à l’ordre du jour en France et en Allemagne (lire encadré). Le Syndicat français des tour-opérateurs a notamment annoncé dimanche la suspension des départs vers la Chine jusqu’au 21 février 2020.
agences/vic







