A bon entendeur a fait analyser 13 légumes et fruits achetés chez les grands distributeurs ou récoltés chez un maraîcher et des particuliers. Parmi eux, 11 contiennent des additifs utilisés pour la fabrication des pneus. Même les aliments bio n’échappent pas à cette contamination.

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Les résultats du test mené par l’émission A bon entendeur interpellent quant à l’ampleur de la pollution de notre alimentation. Sur 13 échantillons de pommes, framboises, poires, rhubarbe, myrtilles ainsi que des légumes tels que Pak Choi, salade, bette, poireau et épinard, 11 contiennent au moins un résidu de pneus. Certains en renferment même jusqu’à 5.

Sur les quatre échantillons issus de l’agriculture biologique, un seul était exempt de résidus: de la salade. En revanche, des pommes bio Braeburn suisses contenaient 5 molécules issues des gommes de pneus. En quantité également, les résidus dans ces pommes étaient les plus importants de notre échantillon.

La substance la plus fréquemment présente est le DPG (diphénylguanidine), un agent vulcanisant, retrouvé dans 9 échantillons sur 13. Le BHT (benzothiazole), un additif, est présent en quantités plus élevées, de 20 à 75 microgrammes/kg, contre 1 à 10 microgrammes/kg pour les autres composés. Les industriels utilisent ces additifs pour améliorer la qualité et la résistance des pneus.

Pour les légumes cultivés en jardins privés, les résultats sont contrastés: pas de trace dans les poireaux d’une famille à Yverdon, mais présence de résidus dans leurs salades.

Quels risques pour la santé humaine?

Pour Linda Bapst, chimiste cantonale valaisanne, il est nécessaire d’avoir une meilleure connaissance du risque lié à ces molécules et, si nécessaire, pouvoir définir des limites maximales. « On n’a pas suffisamment d’informations pour définir un seuil, une limite maximale à laquelle on pourrait mettre ou non des aliments sur le marché. On a donc vraiment besoin d’engranger plus de connaissances dans ce domaine », précise-t-elle.

À ce jour, seules des études sur des rongeurs ont révélé une toxicité possible pour certains additifs, avec des effets allant de la baisse de fertilité masculine à des troubles neurotoxiques. Les données manquent encore pour évaluer les effets sur l’humain.

Linda Bapst, recommande de diversifier son alimentation. « On va essayer d’éviter d’accumuler un certain type de contaminants dans son alimentation et de vraiment penser à diversifier les types d’aliments et leur origine. »

Valérie Demierre-Bueler

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