Les organisations de la société civile constatent avec émoi que l’opération dénommée Entonnoir, loin de rendre d’utiles services à l’Etat, est devenue un cas social qui cause tant de désolations aux principaux acteurs impliqués, entrainant soit mort d’hommes, soit souffrances corporelles ou encore destruction de nombreux biens matériels.
Si nous devons remonter à l’historique de cette opération, le bilan en pertes de vies humaines est trop lourd, que ce soit du côté des forces de sécurité que de la population civile. La dernière en date qui défraie la chronique est le cas du jeune Louis Anoumou fauché âgé seulement de 18 ans par des balles meurtrières de nos forces de sécurité à Tokpli dans la préfecture de Yoto.
L’être humain étant un animal pensant, il serait stupide et dangereux de continuer par assister impuissant à des scènes de désolations sans repenser l’opération Entonnoir dans toute sa forme.
Il n’est plus un secret pour personne, l’opération Entonnoir destinée à renflouer les caisses du trésor national par la lutte contre la vente du carburant issu de la contrebande bénéficie de l’appui des patrons des stations services qui ont déjà, par le passé, offert des véhicules aux forces de sécurité pour encourager le combat contre ce trafic.
L’excès de zèle des forces de sécurité sur ce terrain vise plus à plaire aux patrons des compagnies pétrolières qu’à préserver la quiétude des populations.
Il faut aussi rappeler qu’à cette date, la couverture de service des stations d’essence sur l’ensemble du territoire national n’atteint pas 30%, ce qui favorise la contrebande.
Au lieu de déclarer la guerre aux contrebandiers dont la survie dépend de ce commerce vu la forte demande dans les zones dépourvues de stations services, les patrons des compagnies pétrolières doivent plutôt penser à couvrir l’ensemble du territoire national. Dans l’impossibilité d’en assurer une couverture nationale comme nous le constatons actuellement, il serait plutôt judicieux que l’administration des douanes reprenne cette lutte, conformément à son code.
Pour finir nous tenons à faire des observations et des recommandations suivantes :
- Que soit mis fin à l’opération Entonnoir et que seule l’administration des douanes soit habilitée à combattre cette contrebande ;
- Les patrons des stations d’essence ne doivent pas seulement trouver d’intérêt dans l’opération entonnoir qui crée des désastres tous azimuts ;
- Que des indemnités pécuniaires soient versées aux ayant droits du jeune Louis Anoumou.
Pour précision, une mission des organisations signataires s’est rendue sur les lieux du drame afin de constater l’effectivité de cette barbarie. De la tristesse et de la colère sont perceptibles sur tous les visages. Des tirs nourris de balles dont certaines ont franchi les frontières pour s’échouer au Bénin voisin témoignent de l’ampleur de la terreur sur les populations aux mains nues.
Au demeurant, nous soutenons la proposition récente de la Délégation à l’Organisation du Secteur Informel (DOSI) qui vise à formaliser ce secteur.
Ont signé :
Association des Jeunes pour l’Assistance et Action Humanitaire (AJAAH)
Comité de Réflexion et d’Action pour la Promotion des Droits de l’Homme (CRAPH)
Mouvement Génération Togo (MGT)
Novation Internationale
Solidarité Planétaire Branche du Togo (SP-BT)
Ton de la Jeunesse Patriotique (TJP)






