La Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA) a organisé un atelier de sensibilisation des acteurs du secteur privé sur la lutte contre la corruption et les infractions assimilées, le jeudi 17 janvier à Lomé.
La corruption est un fléau mondial qui touche sans distinction tous les pays et toutes les régions. La gravité des problèmes que posent la corruption et les infractions assimilées n’est plus à démontrer. La corruption constitue une sérieuse menace pour la stabilité et la sécurité des sociétés. Elle sape les institutions et les valeurs démocratiques, les valeurs éthiques et la justice, en compromettant ainsi le développement durable et l’Etat de droit. Malgré l’adoption des instruments internationaux pour lutter contre ce phénomène à savoir les Conventions des Nations Unies et de l’Union africaine ou encore le protocole de la CEDEAO, pour ne citer que ces instruments, le mal continu par sévir de plus bel. Du 25 au 27 septembre2015, les représentants de 193 États membres des Nations Unies se sont rassemblés à New York pour adopter l’agenda 2030 comprenant 17 Objectifs de Développement Durable (ODD). L’ODD 16 établit un lien intrinsèque entre la lutte contre la corruption et la construction de sociétés pacifiques, inclusives et heureuses.
L’ampleur et la persistance du fléau de la corruption ont amené les dirigeants africains à décréter 2018, l’année africaine de lutte contre la corruption en la plaçant sous le thème « Gagner la lutte contre la corruption, une voie durable pour la transformation de l’Afrique ». C’est dans ce contexte qu’a été créé la HAPLUCIA avec pour mission de prévenir et de réprimer les actes de corruption et les infractions assimilées. Pour la prévention, la loi a prévu comme moyens, la sensibilisation, l’information, l’éducation, la communication et la dissémination des textes.
Le présent atelier avec les acteurs du secteur privé s’intègre dans ce volet et s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale de sensibilisation contre la corruption et les infractions assimilées lancée le 13 septembre dernier par le Premier ministre, représentant le chef de l’Etat. Placée sous le thème « Participation citoyenne a la lutte contre la corruption et les infractions assimilées », l’objectif de cette campagne est « la conscientisation et la mobilisation des citoyens contre le fléau de la corruption » afin d’inaugurer une ère « de tolérance zéro » à l’égard des actes de corruption et d’infractions assimilées. Cette campagne conduira la HAPLUCIA dans tous les chefs-lieux de préfectures et de régions du pays. Il est prévu une dizaine d’ateliers de sensibilisation dans la commune de Lomé.
Après les Organisations de la Société Civile (OSC) le 22 novembre 2018, c’est le tour des acteurs du secteur privé d’accueillir cette institution en vue d’échanger sur les effets de la corruption dans le pays et sur les approches de solutions contenues dans les textes nationaux et internationaux. La rencontre a permis aux opérateurs économiques, de découvrir l’institution qu’est la HAPLUCIA, ses missions, les textes qui existent au plan national et international. Les participants ont suivi une présentation sur la HAPLUCIA et sur « L’état des lieux de la corruption et des infractions assimilées au Togo: typologie, manifestations, causes et conséquences ». Ils ont également écouté des exposés sur le protocole de la CEDEAO et des Conventions des Nations Unies et de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption. L’assistance a aussi suivi des communications sur la répression des actes de corruption et des infractions assimilées dans le nouveau Code togolais ainsi que sur la perception de la corruption dans le monde des affaires au Togo et les propositions du secteur privé pour maîtriser le fléau. Les acteurs du secteur privé ont enfin été renseignés sur le cadre législatif et institutionnel de l’exercice des affaires au Togo et sur les reformes réalisées par le pays pour améliorer le climat des affaires. La présentation de ces modules a été suivie de débats qui ont permis ainsi aux opérateurs économiques d’apporter leur pierre à la lutte contre le phénomène.
La ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé, Madame Legzim-Balouki Bernadette a saisi cette occasion pour exprimer sa gratitude au chef de l’Etat pour sa politique de réformes et d’assainissement de l’économie nationale. Selon elle, c’est pour donner du sens à la lutte contre la corruption et pour faire face aux énormes conséquences du phénomène de la corruption dans le pays que le président de la République, Faure Gnassingbé a mis en place la HAPLUCIA.
Cette politique, a ajouté la ministre, est marquée depuis une décennie par la création de plusieurs organes de contrôle, notamment l’Inspection Générale des Finances (IGF), l’Inspection Générale du Trésor (IGT), la Cour des Comptes (CDC) et l’Office Togolais des Recettes (OTR). A l’entendre, vu l’ampleur du travail, la HAPLUCIA ne peut à elle seule mener ce combat qui nécessité l’implication de tous les acteurs. Elle a appelé à la synergie des forces pour combattre le phénomène de la corruption sous toutes ses formes dans les différentes entreprises.
Le président de la HAPLUCIA, Essohana Wiyao a souligné que le but ultime de la lutte contre la corruption, c’est la protection des économies nationales dont le secteur public et le secteur privé constituent les deux principales composantes. Le secteur privé n’est pas hors de portée du fléau de la corruption, a-t-il affirmé. En effet, pour lui, les deux secteurs public et privé étant des partenaires traditionnels, il est généralement admis que si le plus souvent les corrompus se trouvent dans l’administration publique, les corrupteurs se logent dans le milieu des affaires. Bien plus poursuit-il, les effets destructeurs de la corruption sur le monde des affaires ne sont plus à démontrer. Ces effets dit-il, peuvent être perçus sur l’investissement étranger que sur la vie des entreprises. « Des études ont démontré qu’une augmentation de la corruption d’un point sur une échelle de 0 (très corrompu) à 10 (très intègres), fait descendre la productivité de 4% du PIB et l’entrée nette de capitaux de 0,5% du PIB. La corruption détruit les investissements. Selon l’agence de notation Standar and Poor’s, les investisseurs ont une probabilité allant de 50 à 100% de perdre la totalité de leurs investissements dans un délai de cinq ans dans les pays connaissant divers degrés de corruption », a souligné le président.
- Wiyao a demandé la mobilisation et la prise de conscience de tous les acteurs pour éradiquer ce « cancer » des économies. Il a souligné qu’après la phase de sensibilisation suivra celle de la répression avec des transmissions des dossiers au procureur de la République pour des poursuites. Il a rendu un vibrant hommage au chef de l’Etat, au gouvernement, au ministère de tutelle du secteur privé et à la Cellule du climat des affaires pour la somme des règlementations réalisées et qui ont permis au pays d’être élu champion 2018 pour l’Afrique en matière d’assainissement du climat des affaires.






