Souvent dérangeantes et parfois douloureuses, les démangeaisons peuvent avoir différentes origines. Comment les traiter avec des cosmétiques et soins dermato adaptés ? Sylvie Méliet, la fondatrice des Laboratoires Mascareign et la dermatologue Sandrine Colling vous aident à trouver l’apaisement !
La réponse spontanée à la démangeaison est le grattage. En réalité, le grattage provoque généralement une douleur qui vient se substituer à la sensation de démangeaison pour la masquer. Sylvie Méliet va plus loin dans l’explication : « Ces démangeaisons sont responsables d’une sensation de mal-être qui va parfois jusqu’à la perte de sommeil« . Pour lutter correctement contre cette gêne, il faut remonter à la pathologie originelle.
D’où vient la démangeaison ?
LES IRRITATIONS DE LA PEAU PEUVENT CACHER PLUSIEURS PATHOLOGIES
L’origine la plus fréquente est lorsque la peau est asséchée ; c’est souvent le cas en hiver, après de chaudes douches quotidiennes et sans hydratation du corps. On remarque à ce moment-là un craquellement sur la peau et des rougeurs.
Les démangeaisons peuvent aussi être liées à un facteur environnemental tels que les orties ou les piqûres d’insecte (moustiques, araignées, puces de lit…) Dans ce cas, le grattage provoque une production par le corps d’histamine qui permet de dilater les vaisseaux sanguins pour un apport massif de globules blancs qui vont agir comme des agents de défense contre l’allergène. Dans ce cas-là, la démangeaison se calme donc avec le temps.
Il peut également s’agir d’allergies. Dans ce cas, on parle de peau atopique. La dermatologue Sandrine Colling détaille : « Il s’agit d’un terrain prédisposant à une réactivité immunologique anormale. Cette peau dont la barrière innée est anormale se traduit par une diminution du taux de céramides et une augmentation de la quantité d’eau perdue à travers la peau. Tout cela amène le sujet à avoir une peau sèche favorisant une réaction inflammatoire. Ce phénomène peut conduire à de la dermatite atopique (eczéma atopique) qui donne de fortes démangeaisons« . A savoir : elle atteint plus souvent les enfants et adolescents mais peut toucher les adultes et elle peut aussi réagir en urticaire modéré.
Enfin, et c’est le plus compliqué à traiter, les démangeaisons peuvent également provenir de maladies du système immunitaire ou génétique telles que l’urticaire chronique ou le psoriasis. Contrairement à l’urticaire aiguë (qui peut survenir en cas d’allergies ponctuellement), la déclinaison chronique entraine des éruptions et des démangeaisons qui apparaissent de façon répétée (tous les jours à tous les 2-3 jours) ou permanente pendant plus de 6 semaines d’affilés. La dermatologue précise qu’il s’agit d’une maladie « spontanée chronique inflammatoire de la peau« .
Quant au psoriasis, ce sont aussi vos gènes qui décident de son arrivée ! Sandrine Colling détaille le processus : « Cette dermatose fréquente non contagieuse qui touche 2 à 3% de la population est d’évolution chronique. Il s’agit en réalité d’une infiltration de cellules inflammatoires constituées de polynucléaires neutrophiles activant en permanence le renouvellement épidermique (c’est comme une cicatrisation qui n’en finit pas). Le déclenchement et les poussées sont provoqués par des facteurs de l’environnement internes et externes et les symptômes sont entretenus par une réaction inflammatoire chronique non régulée : une maladie auto inflammatoire« . Le résultat ? Des plaques érythémateuses de taille variable surmontées de squames blanchâtres qui se détachent.
Sylvie Méliet explique : « Dans ce cas, les démangeaisons sont les messagères d’un mal-être de la peau. En clair, le rythme de renouvellement cellulaire s’accélère et passe de 28 jours à 4-7 jours. Ceci provoque un empilement des cellules épidermiques, qui forme des squames, de petites croûtes blanchâtres à la surface de la peau« . Les démangeaisons sont alors régulières et douloureuses.






