L’exposition « Afrosonica – Paysages sonores » au Musée d’ethnographie de Genève (MEG) explore jusqu’au 4 janvier 2026 le pouvoir du son à travers les cultures africaines et leurs diasporas, grâce aux installations sonores interactives de trente-trois artistes.

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Au Musée d’ethnographie de Genève (MEG), « Afrosonica » invite le public à expérimenter le son de manière sensorielle et émotionnelle. L’exposition se concentre sur les paysages sonores du continent africain et des diasporas, et s’interroge sur la manière dont le son peut relier les êtres humains et connecter les époques.

« Cette exposition se base et a été construite autour notamment des collections du Musée d’ethnographie, des archives sonores, des collections d’instruments de musique. On a voulu les remettre en jeu et en discussion avec des artistes issus du continent africain et de la diaspora », souligne dans le 12h30 Madeleine Leclair, conservatrice au département d’ethnomusicologie du MEG et co-commissaire de l’exposition.

Transhistorique et multidisciplinaire

L’exposition, structurée en quatre parties thématiques, transcende la chronologie pour mettre en avant les pouvoirs de connexion et de méditation de la musique, avec la participation de trente-trois artistes. À travers une sélection d’instruments, d’archives sonores et d’installations contemporaines, « Afrosonica » met en lumière le pouvoir du son et de la musique pour ouvrir les esprits, ressentir l’instant présent, communiquer, établir des connexions, transmettre des connaissances et des émotions.

La musique a le pouvoir de partager des émotions et de les transmettre.Madeleine Leclair, conservatrice au Musée d’ethnographie de Genève 

« Afrosonica » n’est pas une exposition sur la musique africaine, mais elle « consiste à observer les pouvoirs de la musique. Le pouvoir de se reconnecter avec soi-même, avec sa propre intériorité, avec sa généalogie. Se connecter avec les gens qui sont autour de nous par la danse, le chant et différents rituels. Se connecter également avec l’environnement, le milieu dans lequel on vit », précise Madeleine Leclair.

Une muséographie sensorielle

Cette exposition marque aussi un nouveau chapitre pour le MEG, en proposant une muséographie fondée sur une approche avant tout sensorielle, qui donne une place centrale à la perception sonore et au temps de l’écoute. « Afrosonica » offre ainsi un voyage multisensoriel et invite à expérimenter différents aspects du rôle du son et de la musique.

Le MEG dévoile une multitude de pratiques musicales et sonores provenant de différentes régions du continent africain, de l’Égypte à l’Afrique du Sud en passant par le Bénin, et au-delà, dans certaines de ses diasporas, y compris aux États-Unis. Le public y découvre également des instruments comme les lamellophones, des harpes, divers instruments anthropomorphes qui relient l’humain et le sonore ou encore le rhombe, dont la sonorité revêt une dimension sacrée.

Propos recueillis par Pauline Rappaz

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