Loin derrière les pay leaders comme la Suède, le Danemark, les Pays-Bas ou encore la Finlande, la République tchèque continue d’apparaître comme l’un des pays de l’Union européenne à la traîne en matière d’innovation, selon l’édition 2026 du Tableau de bord européen. Avec une performance de 79,1 % de la moyenne, la République tchèque, confrontée à des obstacles structurels et 19e de ce rapport établi par la Commission européenne, fait du surplace.
Un « innovateur modéré ». Parmi les quatre catégories dans lesquelles la Commission européenne range les États membres en fonction de leurs scores, la République tchèque apparaît dans la troisième (dont le score est compris entre 70 % et 100 % de la moyenne de l’UE), derrière les pays « leaders » en la matière (performance supérieure à 125 % de la moyenne) et les « innovateurs performants » (entre 100 % et 125 %). Devant donc aussi, quand même, les « innovateurs émergents » (score inférieur à 70 %).
« Nous faisons partie des quelques pays, principalement d’Europe de l’Est, dont les performances en matière d’innovation sont inférieures à celles de 2019. Non seulement nous ne rattrapons pas l’UE dans ce domaine, mais au contraire, l’écart ne cesse de se creuser ces dernières années. Cette situation critique ne semble toutefois pas inquiéter l’État », analyse David Kotris, directeur de la société Enovation, spécialisée dans le conseil en matière de subventions, les résultats de cette édition 2026, dont les résultats ont été communiqués début juillet.
Pourtant, selon la Commission européenne, l’Europe, dans son ensemble, affiche « de bonnes performances en matière d’innovation, avec une croissance régulière ». Selon le tableau de bord établi pour cette année, qui mesure et compare les performances des pays de l’UE en matière de recherche et d’innovation (à l’aide d’une trentaine d’indicateurs parmi lesquels les activités, les investissements, l’impact de l’innovation sur l’économie, l’environnement et la société…), offrant ainsi aux gouvernements et aux décideurs politiques une vision claire des atouts et des faiblesses de leur pays en la matière, la performance des Vingt-Sept a progressé de 11,6 points de pourcentage depuis 2019, tandis qu’une amélioration de 1,7 point a également été constatée entre 2025 et 2026.
Toujours selon David Kotris, des obstacles structurels de longue date persistent en République tchèque. Concrètement, il s’agit de la faible productivité du travail, de l’accès limité au capital-risque ou encore de la part relativement faible des diplômés de l’enseignement supérieur. Autant de facteurs qui ont pour conséquence un niveau d’investissement dans la recherche et l’innovation plus faible qu’ailleurs. « Et le soutien de l’État est tout à fait insuffisant », ajoute-t-il.
Tout n’est pas noir pour autant. Dans certaines sous-catégories, la République tchèque fait même figure de très bon élève. « Le principal avantage concurrentiel de la République tchèque reste son économie axée sur la production avec un haut niveau d’exigence technologique. La collaboration entre les institutions de recherche et les entreprises constitue également un atout, tout comme la part croissante de doctorants étrangers, ce qui confirme la qualité relativement bonne de l’environnement de recherche », remarque ainsi Petr Holica, directeur du département en charge des représentations régionales de l’Union nationale de l’industrie et des transports.
La République tchèque a également enregistré des progrès significatifs en matière de numérisation des entreprises. Depuis 2019, l’utilisation de l’informatique en nuage (cloud computing) a augmenté de près de 120 %, tandis que l’accès à l’Internet haut débit et les compétences numériques de la population ont considérablement progressé. Ces résultats sont liés aux investissements financés par le Plan national de relance, qui a consacré 22 % de ses ressources à la transformation numérique.
Plus généralement, cette fois à l’échelle de l’UE, la lenteur des processus d’innovation et le manque de soutien tant de la part des États que des investisseurs privés affaiblissent depuis longtemps la position des Vingt-Sept. Certes, leurs performances s’améliorent régulièrement depuis donc sept ans et tous les pays renforcent leurs capacités de recherche et d’innovation, mais les écarts entre pays, comme le montre l’exemple de la République tchèque, restent considérables.
Une tendance que l’année écoulée a confirmée puisque seuls quinze pays européens affichent une amélioration par rapport à l’année précédente, Malte et l’Italie enregistrant les progressions les plus significatives. Inversement, parmi les douze pays en régression, la Finlande, qui a toutefois reculé après avoir atteint des niveaux très élevés, et, donc, la République tchèque sont les « moins bons élèves ». À la traîne, cette dernière figure, parmi les « innovateurs modérés », aux côtés de pays comme l’Italie, le Portugal, la Lituanie, la Grèce ou encore la Hongrie.
Auteur:Guillaume Narguet|Source:ČTK







