Fils de paysan, Jean Harambat a d’abord suivi des études de philosophie et parcouru le monde avant de trouver sa voie avec l’écriture et le dessin. Dans ‘J’ai toujours rêvé d’être un fermier’, le bédéaste raconte son retour aux sources et la rénovation d’une vieille ferme dans le sud-ouest de la France.
Après avoir bourlingué en Argentine et au Liberia, Jean Harambat a senti l’appel de la Chalosse, la région naturelle dans laquelle il a grandi, en Gascogne, au sud des Landes. Dans ‘J’ai toujours rêvé d’être un fermier’, il raconte l’acquisition et la rénovation d’une vieille ferme au fil des saisons. Un récit intime et émouvant sur les liens familiaux, les savoir-faire et les paysages de cette région.
Eloge de la lenteur et de la répétition
A travers sa bande dessinée, Jean Harambat montre qu’il existe de nombreux points communs entre le dessin et les travaux manuels. « Pour bien faire son boulot, il faut porter son attention de façon concentrée sur les choses, confie le dessinateur dans le 12h30 du 9 juin. Quand je dessine, quand je bricole avec mon père et même quand je tronçonne des arbres, il y a une intelligence de la main qui nous nourrit.
« C’est cela que je voulais donner à voir. Ça implique une forme de lenteur ou en tout cas de répétition pour comprendre comment ça marche, explique Jean Harambat. Ce n’est pas facile à montrer en bande dessinée, mais l’art séquentiel, c’est-à-dire le fait de montrer en BD des cases qui se répètent, c’est une possibilité intéressante pour montrer la richesse de ce travail manuel et la richesse des paysages ».

Une autre vision de la campagne
N’étant pas lui-même agriculteur, Jean Harambat reconnaît qu’il peut se permettre le luxe de la lenteur dans son quotidien. Le bédéaste a aussi préféré évoquer certains aspects de la campagne. Dans ‘J’ai toujours rêvé d’être un fermier’, il est peu question d’exode rural, de disparition des cafés ou encore du manque de services publics.
« Je voulais montrer un monde physique, le paysage autour de soi, les outils pour travailler, avoue Jean Harambat. La fragilité de la campagne existe, mais je montre qu’il y a aussi une capacité de débrouille et d’entraide qui est toujours là. Et c’est pas seulement un service que l’on se rend, c’est aussi une forme de vie en commun ».
Propos recueillis par Blandine Levite
Adaptation web: Sarah Clément
Jean Harambat, ‘J’ai toujours rêvé d’être un fermier’, Dargaud, avril 2026.






