Les professeurs qui ne sont pas titulaires d’un diplôme d’enseignement sont de plus en plus nombreux en Tchéquie. Dans leur récente étude, les spécialistes de l’agence PAQ Research et de l’organisation EDUin constatent, une fois de plus, que les jeunes professeurs diplômés se tournent, dès le début de leur carrière, vers d’autres domaines, mieux rémunérés que l’enseignement public.

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Ceci n’est toutefois pas la seule raison du manque d’enseignants à travers le pays : selon les experts, celui-ci est également dû à l’augmentation du nombre d’élèves enregistrée ces dernières années et à leur répartition en petits groupes pendant les cours.

Les écoles tchèques proposent donc, de plus en plus souvent, des postes aux diplômés universitaires sans qualification pédagogique requise, que ce soit des ingénieurs, des informaticiens ou des linguistes. Après avoir commencé à enseigner, ils doivent toutefois suivre une formation pédagogique complémentaire.

Les spécialistes ont mené une enquête dans quelque 8 700 établissements scolaires, dont les écoles maternelles, primaires, des collèges et lycées. Il en ressort que la proportion d’enseignants diplômés d’une faculté de pédagogie a diminué, au cours des six dernières années, environ 93 % à 90 %.

Autrement dit, un professeur sur dix n’a pas de formation pédagogique requise. Le nombre de spécialistes qui se tournent vers l’éducation est le plus élevé en Bohême centrale et à Prague – régions qui ne comptent que 83 % des enseignants diplômés. En revanche, la région de Zlín, à l’est du pays, compte 95 % de professeurs qualifiés, soit le nombre le plus élevé à l’échelle nationale.

Par ailleurs, depuis 2019, l’âge moyen des enseignants a augmenté de 47,2 à 47,4 ans et le secteur reste largement féminisé en Tchéquie, avec 19,7 % de postes occupés par des hommes (contre 19,2 % il y a six ans).

Pour sa part, le ministère de l’Éducation a d’ores et déjà chargé les facultés pédagogiques d’augmenter le nombre de leurs étudiants. « Nous avons notamment une pénurie de professeurs de physique et d’informatique. Pour ces deux matières, la situation est vraiment dramatique », a alerté le ministre Mikuláš Bek. Il a toutefois fait savoir que le nombre de postes dans l’enseignement n’augmenterait plus, compte tenu de la baisse des effectifs d’élèves prévue pour les prochaines années. Cette diminution est déjà une réalité dans les écoles maternelles tchèques qui accueillent cette année 360 400 enfants soit 4 000 de moins que l’année précédente.

Auteur:Magdalena Hrozínková

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