Le Pakistan a dit avoir lancé une « opération militaire » contre l’Inde tôt samedi matin, visant plusieurs bases militaires dans le nord du pays. Cette annonce intervient peu après qu’Islamabad a dénoncé de nouvelles frappes indiennes sur trois bases militaires. L’espace aérien pakistanais est fermé jusqu’à dimanche matin.
Des explosions ont été entendues à Srinagar et Jammu, dans le Cachemire indien, et des sirènes d’alerte ont retenti, selon des journalistes de l’agence Reuters sur place. Le chef de l’exécutif du Cachemire a rapporté des « détonations intermittentes » à Jammu. « Plus d’électricité maintenant. On entend des sirènes dans la ville », a-t-il écrit sur X.
L’espace aérien pakistanais sera fermé « jusqu’à dimanche 7h GMT » (9h en Suisse), a annoncé samedi à la mi-journée l’Autorité pakistanaise de l’aviation. L’armée indienne a confirmé de nouvelles attaques pakistanaises sur son sol le long de la frontière, notamment par des drones, dénonçant « l’escalade évidente du Pakistan ». La plus grave confrontation entre les deux puissances nucléaires depuis des décennies a déjà fait une cinquantaine de morts civils de part et d’autre de la frontière.
Mercredi, l’Inde avait mené des frappes sur le sol pakistanais, en « représailles » à un attentat commis le 22 avril dans le Cachemire indien qui avait tué 26 civils. Islamabad nie toute implication. Ce que disent les deux camps est impossible à vérifier de source indépendante, notamment parce que de nombreuses zones sont inaccessibles.
Riposte annoncée
Le Pakistan a accusé samedi l’Inde d’avoir tiré des missiles sur des bases aériennes. Le porte-parole de l’armée pakistanaise est apparu à la télévision d’Etat peu avant l’aube samedi, alors que deux explosions venaient de retentir à Islamabad et dans la ville de Rawalpindi, toute proche de la capitale pakistanaise et siège de militaires et des services du renseignement. Les deux autres bases visées se trouvent dans la province du Pendjab, la plus peuplée du Pakistan et voisine de l’Inde.
« L’Inde a attaqué avec des missiles (…) les bases de Nour Khan, Mourid et Chorkot ont été visées », a-t-il dit. Et de menacer ensuite en anglais: « Maintenant, attendez notre réponse. » Islamabad assurait jusqu’ici ne pas avoir encore mené la « riposte » qu’il promet depuis des frappes indiennes mercredi. Mais New Delhi a affirmé avoir été la cible d’une vague d’attaques de drones pakistanais au Cachemire et au Penjab, dans le nord-ouest de son territoire.
Le G7 appelle à « une désescalade immédiate »
Les deux pays, rivaux depuis leur partition forcée en 1947 par l’administration coloniale britannique, ignorent les appels à la désescalade venus de l’étranger. Pourtant, « la poursuite de l’escalade militaire constitue une menace sérieuse pour la stabilité régionale », ont martelé les pays du G7 présidé par le Canada, dans un communiqué depuis Montréal. Le groupe a exhorté les deux adversaires « à entreprendre un dialogue direct en vue d’une issue pacifique ».
Les Etats-Unis, alliés historiques du Pakistan mais qui se sont rapprochés de l’Inde ces dernières décennies, ont offert leur médiation. Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a exhorté les deux pays à « rétablir une communication directe afin d’éviter toute erreur de calcul », a déclaré la porte-parole du département d’État Tammy Bruce. La Chine a elle aussi appelé « fermement » à éviter toute escalade du conflit.







