L’exposition « Confluences et fusion : les échanges culturels entre l’Orient et l’Occident dans les grottes de Yungang » a été inaugurée mardi sur la rive gauche de la Seine, attirant plus d’une centaine de personnes issues des milieux culturels, artistiques et universitaires français.
A travers cinq grandes sections consacrées à l’architecture, à la sculpture, à l’ornementation, à l’iconographie narrative bouddhique ainsi qu’à la musique et à la danse, l’exposition présente l’origine historique, les réalisations artistiques et la signification culturelle des grottes de Yungang, un ensemble de grottes bouddhiques sculptées il y a quelque 1.500 ans dans la province chinoise du Shanxi (nord), et inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2001.
En complément des panneaux explicatifs et des reproductions de reliques culturelles, elle intègre des expériences immersives numériques, des visites guidées interactives en réalité augmentée et d’autres dispositifs innovants, avec un accent particulier mis sur la reconstitution de la « Grotte musicale » (grotte n.12).
Selon le Centre culturel de Chine à Paris, le spectacle de projection « La lumière des grottes de Yungang, écho à Paris », présenté à plus de vingt reprises en février dernier, a suscité un fort engouement, avec plus de 4.000 réservations en ligne, conduisant au retour des grottes de Yungang à Paris cet été sous forme d’exposition et de concert.
Le concert « Les sons des Grottes de Yungang, écho à Paris », organisé le soir de l’inauguration, s’inspire des représentations musicales et chorégraphiques sculptées dans les grottes. Puisant dans l’imaginaire culturel de la Route de la soie, il a fait dialoguer pipa et zhongruan (deux sortes de luth) avec la dizi et la xiao (flûte traversière et flûte droite chinoises), donnant une nouvelle vie musicale aux figures figées dans la pierre depuis des siècles.
Parmi les invités figuraient notamment Matthieu Quiniou, représentant de la Chaire UNESCO « Innovation, transmission et édition numérique ». Celui-ci a salué l’utilisation des technologies numériques pour rendre accessible un patrimoine culturel majeur au-delà des frontières et favoriser les échanges culturels internationaux.
Sur place, de nombreux visiteurs ont filmé avec leur téléphone les sculptures reproduites sur un mur entier, restituées avec une grande précision grâce à l’impression 3D.
L’un des visiteurs, prénommé Fabius, a confié avoir découvert les grottes de Yungang lors du spectacle de mapping du début de l’année, ajoutant que l’exposition lui a permis d’en ressentir plus profondément la beauté.
« C’est saisissant », a-t-il dit. Pour lui, les technologies avancées permettent de faire voyager un patrimoine d’une grande ampleur sur des milliers de kilomètres jusqu’en France, offrant ainsi l’occasion de percevoir de près la majesté et le charme artistique de ces grottes millénaires.
Pour sa part, la visiteuse Lyana s’est dite particulièrement marquée par la richesse des instruments de musique représentés dans les sculptures des grottes. Selon elle, le concert a permis de transformer en sons les images découvertes dans l’exposition.
« On a l’impression que les instruments gravés dans la pierre se remettent à resonner. J’espère avoir l’occasion de me rendre un jour en Chine pour visiter les grottes de Yungang et découvrir de près leur extraordinaire richesse artistique », a-t-elle confié.
L’exposition, organisée conjointement par le Centre culturel de Chine à Paris et l’Institut de recherche des grottes de Yungang, reste ouverte au public jusqu’au 31 juillet.





