Les Portugaises et les Portugais sont appelés aux urnes le 18 mai pour élire leur Parlement une troisième fois depuis janvier 2022. Le président a dissous jeudi le Parlement pour sortir de la crise provoquée par la chute, la veille, du gouvernement de Luis Montenegro.
Le président Marcelo Rebelo de Sousa (PSD, centre-droit) a justifié sa décision par la volonté d’assurer la « stabilité » du pays. « Ces élections, personne ne s’y attendait, ni ne les souhaitait » dans un contexte international compliqué, a-t-il déploré après avoir consulté jeudi les membres du conseil d’Etat, une instance consultative regroupant les plus hautes personnalités politiques, et avoir reçu mercredi les dirigeants des partis représentés au Parlement.
À l’issue de cette rencontre, le président a écarté l’idée de tenter de trouver un nouveau Premier ministre apte à bâtir une majorité dans ce Parlement très divisé.
Les partis et le conseil d’Etat « ont été unanimes » pour la dissolution et la tenue d’élections, a précisé Marcelo Rebelo de Sousa, assurant que la date du 18 mai était celle qui convenait le mieux à une majorité des partis.
Poussé à la démission
Mardi, le Premier ministre Luis Montenegro (PSD), empêtré dans une polémique portant sur ses sociétés familiales, a été contraint à la démission faute d’avoir convaincu une majorité de députés de lui accorder leur confiance. Les socialistes, notamment, réclamaient une commission d’enquête.
Luis Montenegro a déjà fait savoir qu’il serait candidat à sa propre succession. Ainsi, selon le politologue Antonio Costa Pinto, de l’Institut des sciences sociales de l’Université de Lisbonne, ces élections s’apparentent à « une sorte de fuite en avant » du Premier ministre et de son parti pour « éviter une commission d’enquête » et pour lui permettre de « survivre politiquement ».
Par ailleurs, dans le contexte politique actuel, le politologue craint que la campagne ne fasse l’impasse sur des thèmes jugés importants par les électeurs, comme la santé ou la crise du logement.
Montée de l’extrême droite aussi au Portugal
Luis Montenegro avait succédé début 2024 au socialiste Antonio Costa, lui-même déjà contraint à la démission en novembre 2023 à cause d’une affaire de trafic d’influence. Ce dernier, qui a toujours nié toute irrégularité, est depuis devenu président du Conseil européen.
Après huit ans de gouvernement socialiste, l’Alliance démocratique emmenée par le PSD avait alors remporté les législatives avec 28,8% des suffrages (80 sièges), contre 28% (78 sièges) pour le PS. Lors de cette élection, le parti d’extrême droite Chega était passé de 12 à 50 députés.
ats/jop







