L’Institut de Pédagogie religieuse Saint Paul de Lomé en partenariat avec la Fondation Hanns Seidel, a organisé le samedi 6 mars au centre Christ Rédempteur à Lomé, une conférence-débat sur le thème : « Comment réduire les injustices et inégalités sociales ? » Mgr Nicodème Barrigah-Benissan lors de son intervention, Vue patielle des participants Prof. Zeus Ajavon (au milieu) Cette rencontre a réuni, entre autres, des universitaires, enseignants-chercheurs et des étudiants. L’objectif est de contribuer à promouvoir les droits humains afin de réduire les inégalités sociales et garantir l’engagement sociopolitique, économique et culturel des citoyens pour un développement inclusif durable. Il s’est agi de mieux comprendre les inégalités sociales et les approches de solutions basées sur les droits humains. La conférence a été animée par Pr Zeus Ajavon, expert en matière de droits de l’Homme. Il a articulé sa communication autour des pistes de solutions basées sur les droits humains, à savoir le respect des dispositions juridiques existantes et le renforcement des mécanismes de lutte contre les injustices sociales. Il s’agit notamment, de la mise en œuvre des engagements internationaux par l’Etat, relative à la réduction des injustices sociales. L’orateur a défini une inégalité comme étant une différence dans l’accès à des ressources sociales. D’après lui, ce concept a pour synonyme l’injustice sociale. « L’existence des injustices sociales sous-entend son contraire à savoir, la justice sociale, construction sociale morale visant l’égalité des droits et conçoit comme la nécessité d’une solidarité collective entre les personnes appartenant à une société donnée », a-t-il indiqué. Ce qui signifie que tout être humain doit être traité de la même façon par la loi. De manière négative, est injuste, ce qui n’est pas acceptable socialement. Le conférencier a souligné que, les droits garantissant la justice sociale, ont été insérés dans l’ordonnancement juridique international et national. « En Afrique et particulièrement au Togo, la corruption et la mal gouvernance ont créé des minorités riches à côté des populations pauvres et indigentes confrontées à des injustices sociales », a relevé Pr Ajavon, précisant qu’il y a pourtant des normes au service de la lutte contre les injustices sociales. Des instruments ont été adoptés tant sur le plan international que national, tel que la Charte internationale des droits de l’Homme. D’après lui, au Togo, le cadre légal de réduction des injustices sociales est formé de plusieurs textes applicables pour la réduction des inégalités, précisant que la Constitution affirme l’égalité de tous les togolais en droit et en dignité devant la loi. Dans le même temps, le texte consacre le principe de la non-discrimination en raison de l’origine familiale, ethnique ou régionale ou en raison de la  situation sociale ou des convictions politique, religieuse et philosophique. « Il est loisible de constater l’existence d’inégalités criardes dans de nombreux domaines, notamment la santé, l’éducation et le secteur du travail », a-t-il laissé entendre. Il a enfin souligné que tout cet arsenal juridique ne suffit pas pour éradiquer les discriminations. Pour lui, il urge d’aller au-delà des textes pour agir ; l’action suppose une gouvernance efficiente et une société civile responsable et active. La rencontre a été marquée également par un panel animé par trois experts pour éclairer davantage cet aspect. Il s’agit du représentant du ministère en charge du développement à la Base, Dr Alao Hyacinthe qui a édifié l’assistance sur les mécanismes et stratégies élaborés par le gouvernement pour réduire les inégalités sociales dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de développement (PND). Me Attoh-Mensah Sylvain, s’est focalisé sur les mécanismes juridiques avec un regard sur la réalité sur le terrain, le passage de l’idéal à la pratique et les approches de solutions. Pr Goeh-Akué Michel a quant à lui, fait la lumière sur la question des injustices sociales dans la perspective de la doctrine sociale chrétienne. Pour le recteur de l’Institut de pédagogie religieuse Saint Paul de Lomé, Père Jean Prosper Agbagnon, cette conférence est un cadre d’exercice à la culture du dialogue en vue de préserver la paix, la justice sociale, le vivre-ensemble pour l’amélioration du bien-être des citoyens. Il a invité les participants à mettre en pratique les enseignements reçus pour une meilleure participation citoyenne au développement du Togo. La rencontre a connu la participation de l’archevêque de Lomé, Mgr Nicodème BarrigahBenissan. TGB/BA

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