Près de de 250 000 personnes ont manifesté ce samedi après-midi à Prague, sur l’esplanade de Letná, contre la politique menée par la coalition gouvernementale dirigée par Andrej Babiš.
Nous ne nous laisserons pas voler notre avenir !|Photo: Antoan Pepelanov, Radio Prague Int.
Organisé par l’association Un million de moments par la démocratie et intitulé « Nous ne nous laisserons pas voler notre avenir ! », le rassemblement a voulu attirer l’attention sur « le danger de l’érosion de la démocratie en Tchéquie, de l’oligarchisation de la société et des mesures allant dans ce sens prises par le gouvernement ».
De nombreuses personnalités issues de différents horizons, des représentants de la société civile venus de tous les coins du pays ou encore des étudiants, ils se sont tous succédés sur le podium pour exprimer leur mécontentement devant la foule.
Épouse du président de la République, Eva Pavlová a participé, elle aussi, à ce rassemblement, a rapporté Radiožurnál, la principale station de la Radio publique tchèque.
Ancien président de l’Académie des Sciences, Václav Pačes a dénoncé à la proposition de loi sur l’encadrement des ONG, préparée par le gouvernement malgré les critiques de l’opposition et du secteur associatif. Ce texte vise à renforcer la transparence financière de ces organisations, en particulier celles impliquées dans le débat public ou politique, en exigeant davantage de transparence sur leurs financements, y compris étrangers. Cette loi pourrait facilement être détournée pour restreindre progressivement les libertés individuelles, estime Václav Pačes qui a également souligné l’importance de la liberté de coopération internationale dans le domaine de la recherche.
https://youtube.com/watch?v=aCwTg68DvsA%3Fwmode%3Dopaque%26controls%3D%26enablejsapi%3D1%26origin%3Dhttps%253A%252F%252Ffrancais.radio.cz
D’autres scientifiques et écologistes ont critiqué les coupes budgétaires prévues par le gouvernement qui mettent en péril de nombreux projets relatifs à la protection de l’environnement et le fonctionnement des parcs nationaux.
Pour sa part, l’acteur, musicien et écrivain Zdeněk Svěrák a défendu la liberté des médias publics et a mis en garde contre le changement du système de financement de la Télévision et de la Radio tchèques préparé par le ministre de la Culture Oto Klempíř (Automobilistes).
Il s’agissait de l’une des plus importantes manifestations dans le pays depuis la révolution de Velours en novembre 1989.
Dans sa réaction pour l’agence ČTK, le ministre des Affaires étrangères Petr Macinka a déclaré que la démocratie en Tchéquie n’était pas menacée par le gouvernement, mais par « des groupes de pression incapables d’accepter les résultats des élections ». « Le gouvernement est stable et ne cédera pas à la pression », a-t-il ajouté.






